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Réseaux S.O.E. Aide des Alliés Jura

HEADMASTER, STOCKBROKER, TREASURER.

Trois noms successifs ont été donnés  à ce même réseau HEADMASTER, STOCKBROKER et TREASURER. Ces changements, correspondent aux changements de leur chef. Crée fin 1942, le chef de ce réseau est Brian Rafferty HEADMASTER. Il est centré sur Clermont-Ferrand et ses usines Michelin. Il reçoit le 15 avril 1943 un assistant, le capitaine Harry Rée “César”.

Ce dernier a pour mission de prospecter dans la région de Montbéliard. Il est à l’origine du sabotage des usines Peugeot. Il prend la succession de Lafferty, après son arrestation le 17 mai 1943. Le réseau s’appelle désormais, STOCKBROKER.La trahison d’un agent double, le capitaine F., officier d’active qui se suicidera le 13 septembre 1945, entraîne la décapitation du réseau : – le 6 mai 1943 arrestation à Dijon de Jean Larceneux et de sa mère. – le 17 mai 1943 mai arrestation de Raymond Lazzeri et Brian Rafferty à Cuizery en Saône et Loire.

Brian Rafferty sera exécuté à Flossenburg le 29 mars 1945. Jean Larceneux et sa mère, Raymond Lazzeri, rentreront de déportation.

Deux jours après, le S.O.E. reçoit deux renforts, le capitaine John R. Star  (Acrobat) qui deviendra Jean-Pierre et le lieutenant John. C. Young, (Judge), son opérateur radio qui deviendra (Gabriel). Ils ont été parachutés le 19 mai 43 à Blyes (39).

Rapport de mission:19 mai 1943 Parachutage près de Blye,15 km SE Lons-le-Saulnier(Jura), France GB SOE F, 2 hommes (John R.Starr alias Acrobat & radio John Young alias Judge-Acrobat / Judge RAF Sqn 138 Halifax (F/O Gebik)

Sa mission est de remplacer Harry Rée (César), ce qu’il fait au pied levé. Chef du réseau STOCKBROKER, J.R. Star (Jean-Pierre) est arrêté le 16 juillet 1943 à Dijon par un agent double, M…..qui sera exécuté par Claude Simon le 9 novembre 1943 à Besançon. Il est remplacé par un nouvel arrivant lui aussi parachuté à Blyes le 13 aout 1943 : le lieutenant E.C. Cauchi Pedro ou (Jean). Il reçoit bientôt une officier secrétaire : Diana Rowden (Paulette). Ils poursuivent le même travail et restent en relation avec (César),  qui implanté autour de Montbéliard, s’intéresse aux usines Peugeot qui sont sabotées avec succès, le 5 novembre 1943. Recherché, César est blessé le 15 novembre, il arrive à rejoindre la Suisse où il est soigné . Cauchi est pris et abattu le 29 janvier 1944 à Montbéliard non loin du café Grangier.

Ce réseau STOCKBROKER  est totalement décimé dans “L’AFFAIRE DE CLAIRVAUX”: Le 18 novembre 1943, vers 9 heures, un nouvel arrivant se présente à la propriété de Janier-Dubry de Clairvaux, sur la route de Lons. En fait, c’est une scierie et 2 bâtiments,  un vaste demeure où logent les familles des trois enfants Janier-Dubry, Pauly et Juif, une autre maison logent des parents.  Depuis toujours ces familles sont acquises à la Résistance et elles abritent, planqués les deux agents S.O.E., J. C. Yonug (Gabriel) et Diana Rowden (Paulette). Ce nouvel arrivant est Albert Longenet, (Benoit). Il est porteur d’un mot de passe, d’argent, de papiers précisant sa mission et d’une lettre personnelle de Madame Youg pour son mari qui en reconnait l’écriture. Il est chaleureusement accueilli et déclare qu’il a besoin de retourner à Lons pour récupérer une valise dont il a besoin. Raoul Janier-Dubry l’emmène en voiture, accompagné de Paulette. Benoit les quitte pour aller à l’hôtel, puis tous rentrent à la maison vers 18 heures. Une heure après les Allemands cernent la propriété. Benoit leur ouvre lui-même la porte et se retourne revolver en main. Les anglais sont capturés et emmenés à Lons avec Ida Pauly et Raymond Paget. Sur ces entrefaites arrive E.C. Cauchi “Jean”, chef de la mission STOCKBROKER. Madame Janier-Dubry, alitée n’a que le temps de lui crier de fuir pour qu’il échappe aux Allemands. Jean prévient “Gutt”et les résistants de Pont-de-Poite. Une réunion se tient promptement à la maison de Madame Benoit-Gonin de Clairvaux afin de monter une opération pour délivrer les prisonniers. 15 hommes armés des révolvers, pris aux gendarmes de Clairvaux foncent vers la scierie. Trop tard les Allemands sont partis. Gutt et Paul Guyot récupèrent le poste émetteur, du plastic et des détonateurs cachés dans la sciure.

Après la guerre une enquête diligentée par les services britanniques montre l’infiltration du S.O.E. par les Allemands. Ceux-ci connaissent les détails de l’opération aérienne du 16 novembre 1942, prés d’Angers. Ils filent les « débarqués » entre autre, Albert Mangenet, Benoit qu’ils arrêtent à la gare Montparnasse. Mangenet semble vouloir coopérer. Emmené à Lons, on lui substitue un faux Benoit, porteur des effets du vrai….. Lorsque la France demande l’extradition de Mangenet au Canada, celui-ci s’enfuit.

Le 29 janvier 1944, Cauchi, Jean, le seul anglais rescapé de l’Affaire de Clairvaux tombe dans une souricière au Café Grangier à Montbéliard : il est abattu par les Allemands. Diana Rowden, Paulette meurt le 31 janvier 1944.

Le dernier agent du S.O.E., le comte Jean-Remaze-Censier de Brouville “Théodule” ou “Albert”, est parachuté le 10 avril 1944 à Thézy (39). Il est chargé de préparer les actions à réaliser le jour « J ». Le réseau s’appelle maintenant TREASURER. Il se concentre sur le nord du Jura. Il reçoit le 1er mai à Montbarrey un opérateur radio américain : E.W. Poitras “Paul”.

Rapport de mission de l’opération aérienne: 01/05/1944 Proche de  Montbarrey, 10 km NO Dole, Jura. Débarque : US SOE F/OSS radio Edwin Poitras alias Paul alias Mission : Postman/Treasurer : Prendre la direction du réseau dans le Jura.

Un autre réseau S.O.E. va œuvrer dans le Jura. Il se nomme SCHOLAR pour les britanniques. LOUIS MESNARD pour les Français et RADIO PATRIE pour les jurassiens, du fait de son origine. Cela “remonte” au réseau CARTE d’André Girard, qui crée à Londres l’émission Radio Patrie.

Les premiers contacts sont établis par Raymond Lazzeri, qui travaillait à la fois pour André Girard et Brian Rafferty du réseau HEADMASTER. Après le départ de Girard pour Londres en février 1943 et la rafle qui décapite le P.C. du réseau à Arles en mars 1943, la succession est assurée par Jean Méjean, Lucien Mesnard.

Le réseau, actif par intermittence, s’étend sur la Haute-Savoie, il envoie les agents “Arthur” et “Francis” prospecter dans le Jura, à la recherche de terrains et d’équipes de réception afin de recevoir des parachutages, pour armer les forces locales.

Arthur et Francis travaillent avec des militants de COMBAT (la Fraternelle de Saint-Claude abrite un temps leur émetteur) et des membres du réseau S.O.E. de Pierre Larceneux.

RADIO PATRIE s’installe aussi dans la région de Dole et de Poligny d’où sont originaires Raymond Lazzeri et Maurice Therville.

Après l’arrestation de Lucien Mesnard le 27 janvier 1944, Charles Alloin prend sa succession à la tête du réseau et confie au Dr Robert Morel la charge du Jura. Morel reçoit un renfort considérable avec l’arrivée de 2 agents du S.O.E.: le baron Gonzague de Saint-Géniez, “Lucien” et son opératrice radio Yvonne Baseden, “Odette”, tous deux français. Saint Geniez installe immédiatement son état major en avril 1944 à Dole, au pavillon des Orphelins, entrepôt des fromageries Graf. Leur tâche est de pouvoir accueillir des parachutages important dans le nord du Jura. Ils réceptionnent  le 25 juin 1944, entre de nombreux autres, le fameux parachutage de jour de l’opération Cadillac.

Le réseau est décapité le lendemain 26 juin dans “L’Affaire des orphelins”:

Le lendemain du parachutage CADILLAC, le 26 juin 1944, les Allemands établissent des barrages sur toutes les routes alentour. Le P.C., ne peut rejoindre l’emplacement prévu pour le rendez-vous radio d’Odette, avec Londres. Lucien décide que tous retournent aux Orphelins, entrepôt des fromageries Graf, tenus par Frédéric et Gabrielle Mayor. Le jeune agent de liaison qui ramène le poste émetteur d’Odette, utilisé durant l’Opération est arrêté par les Allemands. Pensant que le P.C. n’a pas rejoint le nouveau repère prévu, il donne l’adresse des Orphelins.

Madame Mayor annonce que les Allemands cernent la maison alors que tout le monde est à table.  Ils ont juste le temps de se glisser dans le double toit. Les couverts sur la table dénoncent des « invités » et Madame Mayor ne peu plus nier. Les Allemands fouillent partout sans succès ; mais un Allemand laissé en sentinelle au grenier est effrayé par la mise en route automatique de la pompe tirant l’eau de la citerne. Il lâche une rafale de mitraillette en l’air qui atteint Charles Alloin. Le sang qui coule le long de sa jambe et perle au sol du grenier les trahit.  L’Allemand lance une grande et appelle des renforts. Lucien annonce au Docteur Morel : « Adieu Robert, j’ai ordre de me tuer ! » Il avale son ampoule de cyanure et meurt foudroyé. Les résistants sont menottés deux à deux, durement frappés à l’aide de barres de fer et de crosses de fusil. Ils sont emmenés à la prison de Dole. Seul Frédéric Mayor, caché entre des meules de comté en réchappe en profitant d’un violent orage qui se déclenche vers 22 heures. Le groupe Dubois décide d’entreprendre une opération contre la prison de Dole. Trop tard les prisonniers étaient en cours de transfert vers Dijon.

L’état-major est décimé: Lucien, chef de réseau est mort, Charles Alloin meurt de ses blessures, Jean Nicole, chef de groupe est retrouvé pendu dans sa cellule de la prison de Dijon.

Les autres, Lucien Monjouis chef de groupe, Robert Michaud, et Jean Pol sont déportés et meurent dans les camps. D’autres en reviennent, le Docteur Morel (chef du réseau pour le Jura), Jean Falcucci (chef de groupe), Gabrielle Mayor des Orphelins et Yvette Baseden, “Odette”, la radio.

Le réseau Lucien est anéanti car d’autres arrestations surviennent en Juillet 1944.

Il est à noter que le réseau MARKSMAN de Xavier, croit en activité  à partir du JANVIER 1944, au dépend de PIMENTO et de TREASURER.

RADIO PATRIE est très actif dans le nord du Jura à partir du printemps 1944.