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Le Maquis visé

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La rafle du 14 décembre à Nantua et la pression constante des G.M.R. (Garde Mobile de Réserve)  montrent que Vichy et les Allemands veulent réduire les Maquis. Les camps avaient été localisés par des escadrons de G..M.R., la Gestapo (en fait le SD) infiltrait l’organisation maquis. Croyant à une éminence d’une attaque les responsables Maquis multipliaient les mesures de sécurité. Cependant  février arrivait avec  sa rigueur, la fatigue Le peu de nourriture usaient les maquisards, la neige était là en abondance: l’attention se relâchait.

L’état de siège est signifié le 5 février 44 à 6H: 30 au préfet de l’Ain par le major Kreiss Von Kressenstein, commandant la V.S. 493.

Dès l’aube du 5 février 1944, les Allemands engagent une vaste offensive, l’objectif est d’anéantir les camps du Maquis localisés sur le Haut-Bugey et le Valromey. 2 000 hommes (source Peter Lieb) solidement équipés, dotés de canons, mortiers de 77, soutenus par des avions de reconnaissance basés à Ambérieu, vont ratisser du 5 au 14 février 1944, le Valromey, le Bugey et le Haut-Bugey.

De forts détachements allemands occupent les agglomérations et carrefours, les grands axes sont sillonnés par des patrouilles et jalonnés de postes de garde.

Dans le sillage de ces forces, suivent des agents de la Gestapo (en fait la Sipo/SD), aux ordres de Klaus Barbie et des éléments de la Milice, tels “Gueule Tordue” et un autre milicien, M. Houizot, “Avon”. Avon qui bien que prisonnier a pu profiter des évènements pour s’échapper de Pray-Carré. La Sipo/SD et la milice vont tuer et déporter des civiles, soupçonnés d’aider les Maquis.

Cette Opération touche le P.C., le camp Michel à la ferme de Pré-Guy, le camp Verduraz à la ferme de Terment, le camp Boghossian à Pré-Carré, le camp Nicole à la ferme de Marchal.

Retrouvez ces camps ou ces fermes dans la carte ci-dessus.

Le Poste de Commandement

Le 5 février 1944, avant le lever du jour, les Allemands sont à Brénod.

Le P.C. départemental est à la ferme du Molard (à 1500 m au N-O de Brénod). Les hommes du P.C. avaient quitté la ferme du Fort, aussi prés de Brénod 2 jours plus tôt. Romans est en Haute-Savoie. Prévenu par Carrier, ordre est donné d’évacuer, le point de repli est la ferme de Machurieux.

Une patrouille composée de Heslop Xavier, Henri Girouuse Chabot, Marc Belleroche butte sur des Allemands au Monthoux. Ils assistent impuissants à la capture de Henri Chapuis, avancé imprudemment.

Dans la soirée Paul Johnson, Paul reçoit un message radio : un parachutage est prévu sur un terrain situé entre Evosges et Aranc est prévu pour le soir même. “Xavier”, qui est muni d’un S.phone permettant de dialoguer avec le pilote, décide de diriger la réception. Un agent de liaison prévient le camp Verduraz qu’il doit assurer la protection. Le pilote ne peut voir le balisage car le temps est couvert, mais largue tout de même ses containers après une discussion difficile avec “Xavier”. Tout le monde pense à un échec, mais il sera récupéré à 5 km de là, par Hubert Mermet à Résinand. “Xavier” se blesse gravement à une jambe en tombant dans la forêt.

Au petit matin, l’équipe Chabot-Xavier se réconforte chez les Monnier d’Aranc. Ils acceptent de garder “Xavier” pour le soigner.

Chabotretourne vers le lieu de repli convenu du P.C. à la ferme de Machurieux 4. Jean Monnier d’Aranc et Jean Chavant de Montgriffon s’occupe de Xavier qui passe 2 jours dans une grotte avant d’être hébergé par la famille Pey-Ravier de Boyeux Saint-Jérome.

Le 6 février, les Allemands de retour à Brénod se dirigent vers la ferme du Molard. Une vingtaine d’hommes du P.C. dirigée par Lamblot “Maxime”, abandonne le Molard se retire dans les bois. Après une nuit passée dans une grange à Lantenay, les hommes rejoignent la ferme de Machurieux, le 7 au soir où ils retrouvent Chabot.

Le 8 février à midi, le P.C. arrive à la ferme de la Montagne, évacuée la veille par Augé et son groupe, qui se sont réfugiés dans les bois de Luisandre.

Chabot et Maxime sortent pour repérer les emplacements de guet. Un détachement allemand survient, ‘Maxime” a juste le temps de rejoindre la ferme, alors que “Chabot” coupé de ses hommes se dissimule dans les bois.

Une vingtaine d’hommes subissent l’assaut de 250 allemands qui mettent en batterie un mortier, les maquisards ripostent vigoureusement, mais la situation devient intenable, la ferme est en feu. Ils décident d’une sortie, profitant de fortes bourrasques de neige.

Si beaucoup d’allemands tombent, 10 hommes du P.C. sont abattus : Lesombre, chef de l’équipe de protection, “Tintin”, le pionnier de Chougeat, Julien Roche un des premiers à rejoindre le Maquis spontanément, Arbaretaz, Fougerard, Marmier, Dachaud, André Clerc, Palisson et “Radio2”.

Il y a 3 blessés : “Ludo” grièvement soutenu par “Paul” peut à peine marcher, “Alex” est recueilli par un habitant de l’Abergement-de-Varey, et M. Joseph Grumod.

Les allemands du 10ème régiment de police SS Todt perdent 2 hommes : le lieutenant Wegman, le sergent chef Braun et unrtris, les survivants du P.C. rejoignent à travers bois Boyeux-St-Jérome, où les rejoint “Chabot”.

Le camp Michel 

Le 5 février, partie de Brénod, une colonne allemande attaque le camp Michel. Le camp est à Pré-Guy, l’emplacement de cette ferme toute proche, est connu des allemands, un agent de la Gestapo s’y est infiltré et vient de quitter le camp sous prétexte de maladie. Une expédition de G.M.R. menée le 26 janvier l’a aussi située approximativement. Les instructions de Perrottot “Montréal” (ce camp est sous la responsabilité du Groupement Nord) sont clairs : en cas d’attaque, il faut tenir le plus longtemps jusqu’à la nuit puis décrocher, rejoindre le camp de triage à la ferme du Mont, au-dessus de Nantua.

A l’aube du 5, le groupe Ludo et la section Robert sont en patrouille ; en retournant au camp, “Ludo”, pousse une reconnaissance vers Brénod. La colonne allemande surgit alors qu’il rejoint le poste de guet tenu par le groupe Roger. Au même moment un fermier de la Gouille prévient le camp. En limite de forêt “Ludo”et le groupe Robert tiennent tête à la colonne allemande tout en se repliant par bonds successifs. Roger Desmaris “Le Suisse”est atteint mortellemen, “Ludo” et Claudius Marbeaud blessés sont coupés du camp. Mais le camp fait face, “Michel” organise la défense : la section Prosper fixe les Allemands dans les bois de Chevillard, “Nicolas” est embusqué dans la forêt des Moussières, la section Robert rentré au camp se joint au groupe Ludo et contre attaque à l’Ouest. Il neige à gros flocon. Les obus s’enfoncent dans la neige et explosent comme des pétards mouillés.

A Macconod tout proche, le groupe Transport, abandonne ses véhicules et décroche. Le camp Michel tient tête aux Allemands, sans autres pertes. Les éclaireurs skieurs allemands n’ont pu s’infiltrer et déborder les maquisards. “Michel” ordonne le décrochage, la ferme de Pray-Guy est abandonnée.

Après une marche forcée dans 80 cm de neige, les hommes rejoignent la ferme du Mont, au-dessus de Nantua. Jeanne Moreau d’Oyonnax, agent de liaison de Perrottot est sur place. Le lendemain, elle conduit le camp Michel et le camp de triage avec à sa tête “Mystère” à la ferme de Lacoux, prés de Geilles au-dessus d’Oyonnax. Le jour même la ferme du Mont est détruite, canonnée depuis la place de Montréal.                                              

Harassé de fatigue, les hommes peuvent enfin se reposer, ils sont à l’abri de la soldatesque. 

Mystère et son Camp de Triage rejoindront Chougeat début mars. 

Le camp Verduraz 

Dès le début de l’opération le camp Verduraz est établi à la ferme de Terment, prés d’Aranc. Il est coupé de tout contact avec le P.C. situé à la ferme du Molard. Alors qu’il voit le village de Rougemont et la ferme Marchat en proie aux flammes, “Verduraz” décroche avec ses  hommes. Ils se réfugient dans la forêt, la neige qui tombe abondamment, devenue enfin leur alliée, efface leurs traces. Lorsque les Allemands arrivent à Terment, ils pensent que la ferme a été abandonnée, ils la font sauter et l’incendie puis s’en vont. Les hommes du  camp Verduraz aux aguets dans les bois se précipitent, ils parviennent à maîtriser le feu et récupèrent des denrées épargnées par les flammes.

La brutalité de ce premier contact avec les Allemands, la nourriture bientôt épuisée, ébranlent nombre de maquisards qui se voient menacés de toutes parts. Les moins aguerris veulent abandonner et se réfugier dans une région plus calme.”Verduraz” peine à maintenir son autorité, il leur fait valoir que sans papiers, ils seraient immédiatement arrêtés et fusillés. Lacayo et son groupe de républicains espagnoles le soutiennent ardemment. Errant dans le bois de Cros, prés de Corcelles, sans nourriture, dans le froid, sans abri, le camp Verduraz est face à un début de mutinerie fomentée par le groupe de Yougoslaves. Ils veulent résoudre le problème du ravitaillement en voulant faire une razzia sur les paysans d’Evosges.

La fermeté du groupe espagnol aide, une fois encore Verduraz à préserver l’unité du camp.                     

Le calme revenu, Verduraz et ses hommes retournent à Terment qu’ils aménagent comme ils peuvent.

Début avril, le camp Verduraz part de Terment pour cantonner dans 2 fermes  La Ratelière et Le Ratelier, proches de Boyeux Saint-Jérôme.

Le Camp de Pré-Carré

Le 6 février, à l’aube, le village d’Hotonnes est occupé par les Allemands. Le camp de Pré-Carré, tout proche est isolé et coupé du Lieutenant “Minet” et de son camp Richard. Boghossian  envoie une patrouille surveiller les Allemands à Hotonnes et tenter de contacter “Minet”. Kleber, Gravert et 3 de leurs camarades poussent trop loin cette investigation et se trouvent face aux Allemands qui ouvrent le feu. Kléber est blessé, Travel plus sérieusement. Travel, ramené au camp, est soigné par un médecin emprisonné au camp, il est ensuite ramené chez lui à  Chatillon-de-Michaille. L’après midi, 2 agents de liaison de “Minet”  arrivent au camp et transmettent les ordres de “Minet” qui chapote les camps de Pré-Carré et Richard, d’évacuer Pré-Carré, et de rallier Saint-Germain-de-Joux puis Echalon.

A la nuit tombée, le gros du camp rejoint une ferme isolée, à 5 km de la et attend le retour de Boghossian. Ils emmènent avec eux 5 prisonniers dont le  traitre Avon. Personne parmi ces hommes ne connaît la région. Boghossian revenu se laisse guidé par un homme du camp Nicole qui se repliait également…., ils sont perdus. Boghossian arrive à repérer sa position : ils sont prés d’Injoux.

Livrés à eux-mêmes, Boghossian décide de diviser le camp en groupes.

Le premier regroupant les étrangers au département, commandé par Gravert, Bail et Jeannot, tente de rejoindre avec armes et matériel Pré-Carré, un autre composé de bressans tente de rejoindre Bourg et d’attendre quelques temps dans leurs familles. Les autres essayent de rejoindre individuellement leurs foyers.

Boghossian prend le train à Génissiat le 8 février et va à Bourg. Là ; par l’intermédiaire de Jean Coltice, un militant des Mouvements, il participa à une réunion organisée par Benoit, chef de secteur des Dombes où il retrouve “Chabot”, “Maxime” et “Ravignan”.  Les groupes épars dans la montagne sont sauvés par Gache instituteur, chef de l’A.S. de Brénaz qui les ravitaille jusqu’à ce que Boghossian reprenne contact avec eux.

Le camp Nicole

Le camp Nicole est installé à la ferme de Marchat, prés de Résinand après sa création à la ferme des Combettes à l’automne 1943.

Le camp résiste avec vigueur, à l’attaque surprise des Allemands. Il décroche après un violent engagement, laissant trois des leurs morts sur le terrain, Claude Bouteille d’Ambérieu, et 2 jeunes recrues, Frédéric Goldenberg et Jean Lachambre ; trois autres maquisards sont fait prisonniers. “Nicole” étant absent, ses hommes interprètent mal les consignes et éclatent. Un certain nombre de maquisards se dispersent et cherchent refuge dans leur famille. Une quinzaine d’autres emmenés par Jean Zwingler et Tosi (voir Partenaires-Douvres) errent et se cachent dans les bois au-dessus de Douvres, sans vivre. Quelques hommes auront les pieds gelés, deux autres, des Italiens de Bellegarde repérés par les Allemands sont abattus. Deux autres, originaires du Nord à bout de force renoncent, capturés par les Allemands ils sont déportés.

Le Groupe Franc Marco

Le G.F. Marco est attaqué le 5 février en pleine tempête de neige, les dix-huit hommes du groupe franc Marco, accrochent 200 Allemands sur la crête du Rupt, au-dessus de Lacoux. “Cini” est tué, la ferme est incendiée à l’issue du combat. Le G.F. se replie sur Villereversure, village qui leur est bien connu.

Dans le jura aucune opération d’envergure n’est déclenchée.